par Patricia

Ces derniers mois, les choses ont évolué à un rythme si peu familier. Je suis certaine que cette perception des choses n'est pas inconnue de grand nombre. Comme une scène toute droit sortie d'un film; immobile alors que le monde tourne de manière incontrôlée autour de nous, se pressant à travers chaque seconde possible qui nous est offerte.

Sans préavis, nous avons soudainement été obligés de vivre différemment, de respecter de nouvelles règles et d'accepter le nouveau monde dans lequel nous vivons depuis des années.

De nombreux matins, je me lève à l'aperçu de la lumière qui traverse les rideaux de ma chambre, simplement pour être la première à saisir un moment de silence dans ce nouveau monde, en cherchant constamment à comprendre la raison de notre présence ici. Je ne reconnais aucune réponse indiscutable, mais je me rapproche souvent d'un arrêt soudain dans ce nouveau rythme obligé et inconnu.

Le confinement de notre nouvelle vie est un sujet qui restera présent encore un peu de temps, et la reconnaissance est un aspect impératif à saisir ces jours-ci. Depuis un certain temps, nous sommes inconsciemment obligés d'explorer les détails entre les murs de notre propre maison. Il est inévitable que chaque objet que nous possédons devienne quelque chose de significatif pour nous. Nous nous demandons, en tant qu'individus, pourquoi nous nous sommes retrouvés entourés de certains objets. Dans ces moments-là, je me pousse délibérément à revivre mes choix et à les comprendre comme ils sont apparus.

Ces derniers temps, le sol humide ne semble jamais sécher, et la chaleur insupportable est soudainement quelque chose qui appartient au passé. Puis, lors d'une autre matinée paisible, j'honore une certitude tenace dans le coin de ma chambre ; elle est assise avec persévérance, dignité et dominance. Un objet qui me rappelle qu'en tant qu'individu, nous détenons la puissance de notre propre rythme. Je me souviens de l'instant où je suis rentré à la maison avec cette statue remarquable d'Artemano. Ce jour-là, je me suis senti perdu, vaincu et précaire dans de nombreux aspects de ma vie. Je l'ai vue, assise inaudiblement parmi les bruits les plus forts, et elle m'a instantanément orientée. Elle projetait un tel sentiment de patience et de tranquillité, comme si j'étais soudainement capable de reprendre le contrôle que j'avais peut-être perdu en cours de route.

Cette statue, en un instant, a été sculptée et gravée dans la pierre ; elle m'a rappelé de m'arrêter, de m'immobiliser, de respirer et de marcher vers la reconnaissance.

Nous avons été projetés dans une tempête inattendue et nous ne devrions jamais cesser d'explorer les petites choses qui peuvent nous ramener à ce que nous étions autrefois ; confiants, déterminés, dévoués.

Je me suis souvenu pourquoi cette petite statue d'Artemano, sans complexité, est revenue à la maison avec moi ce jour-là ; son rythme silencieux projetait un message si puissant de lucidité, de courage, de compréhension et de réconfort. C'était un rappel que nous possédons notre pouvoir ; il n'est pas partagé ou divisé entre le désordre et le chaos. C'est nous; c'est notre force et notre capacité à résister, courageusement et avec détermination, cet ouragan.

Notre combat d'aujourd'hui, quelle que soit notre perception, peut être notre victoire, à condition que nous nous souvenions pourquoi nous avons délibérément relevé le défi.

Ne fermez jamais les yeux sur ce qui vous entoure, car notre présent vous guidera parfois sur la route à suivre, même s'il s'agit d'une simple statue sur le rebord de votre fenêtre.